Boulanger de l'année : Prix Pudlowski 2008

Gwizdak : Boulanger de l'année. Petit boulanger est devenu grand.

Ils sont bien loin ses débuts à Kédange-sur-Canner. Fabrice Gwizdak a reçu, à 41 ans, le prix Pudlowski qui le consacre boulanger de l'année. Sa recette : 100 g de qualité, 100 g de savoir-faire, 50 g d'originalité et des kilos de passion..

Le guide Pudlo c'est comme le Michelin. Y figurer relève souvent de l'utopie. Dans sa boulangerie de Nancy, Fabrice Gwizdak avait déjà reçu la visite à maintes reprises du célèbre critique gastronomique. Les pieds sur terre, loin d'avoir la grosse tête, jamais ô combien jamais il ne s'était imaginé sortir du lot. Et pourtant... Lors de sa dernière venue, M. Pudlowski a goûté avec plaisir le succulent kouglof de Fabrice, il a croqué avec envie dans sa tourte de seigle, puis a été subjugué par son pain de meule. Bref. quelques bouchées ont suffi pour qu'il soit sous le charme.

Le 21 avril, Fabrice s'est rendu à Paris, au Georges V. «j'ai reçu mon prix aux côtés de chef, artisan, caviste, fromager. Il y a un prix par discipline. C'est une belle récompense après toutes ces années.» Pour lui, l'histoire a commencé à Kédange-sur-Canner. Ses parents tenaient une petite boulangerie. « j'ai grandi dans ce milieu et j'ai toujours envisagé de reprendre l'entreprise familiale. » Apprenti à Distroff, il obtient également un CAP pâtissier. Puis décroche dans la foulée son premier emploi à Thionville, chez Bauer. Mais Fabrice a la bougeotte. Attiré par les saveurs et les spécialités françaises, il s'expatrie dans le Sud. « C'est là que j'ai découvert un autre visage de la boulangerie. Choisir cette voie, ce n'était pas seulement accepter de se lever tôt, c'était aussi entrevoir le moyen de s'exprimer. »

Freiné dans sa découverte gustative par l'envie de renouer avec ses racines, Fabrice rejoint avec sa femme sa Lorraine natale. « Je voulais m'installer en Moselle, à Thionville, mais je n'avais pas les moyens. » C'est donc à Nancy qu'il a posé ses valises. C'était il y a quinze ans. Depuis le jeune boulanger s'est fait un nom et une belle réputation. Sa spécialité ? « Facile : la tarte au fromage. Les Meurthe-et-Mosellans ne savent pas la faire ! » Grâce à elle, il a obtenu le premier prix en 2007 à la foire de Nancy. Le vendredi place au biscuit de Savoie, le samedi honneur au kouglof et aux baguettes festives aux tomates confites et au fromage de chèvre. « Je donne des rendez-vous hebdomadaires aux habitués. » Face à la concurrence, les petits artisans redoublent d'originalité pour se démarquer. « On se bat avec nos armes. » En prime, grand seigneur qu'il est, il n'hésite pas à divulguer ses recettes. « Les clients sont très contents et puis vous savez une recette ne suffit pas, il faut aussi le tour de main. » Pétri de bonnes intentions, Fabrice a multiplié par dix son chiffre d'affaires depuis son installation. "Je vends mille baguette par jour. Nous n'étions que deux à travailler, aujourd'hui nous sommes douze." Un véritable succès confirmé par la venue fréquente de Mosellans. Passionné, il reconnaît toutefois que le métier est dur. "Il demande de la qualité, de la régularité. Mon but est de transmettre mon savoir, de donner envie à d'autres de se lancer." Aujourd'hui, il n'écarte pas la possibilité de revenir sur ses terres et pourquoi pas de monter une affaire car c'est vraiment usant et difficile de se faire une clientèle, mais lorsqu'on aime… Régulièrement il revient à Kédange-sur-Canner. Ses parents ont pris leur retraite depuis deux ans, mais la boulangerie existe toujours. "Les propriétaires se débrouillent très bien" Parole de gourmand.

Article de Sabrina Frohnhofer
paru dans l'Est Républicain le 19 mai 2008.

 

 



Mise à jour le Vendredi, 28 Septembre 2012 07:28

 
Nombre pages lues : 354899